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Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 07:39

Les primaires du Parti Démocratique : un exemple à suivre ?

 

 Les primaires du Parti démocrate italien qui désigneront le futur chef du premier parti d'opposition, entrent dans leur dernière phase. L'ancien ministre de l'économie Pierluigi Bersani a remporté la première manche. Mardi 29 septembre, il était en tête du vote des militants qui s'achevait mercredi 30, une donnée qui a été confirmée par les résultats définitifs connus le 8 octobre.

 Pierluigi Bersani obtient la majorité des votes des 466 572 militants du PD qui ont voté avec 55,13 % des préférences contre 36,95 % obtenus par Dario Franceschini, secrétaire sortant, tandis qu’Ignazio Marino, cardiologue de renommée internationale prêté à la politique,  arrive à 7,99 %. Ces données officielles qui concluent la première phase d’une compétition à laquelle ont participé 56,99 % des encartés du Parti Démocratique arrivera à son aboutissement le 25 octobre,  cette fois-ci avec le vote, aussi, des électeurs (que l’on présume sympathisants de gauche). Toutefois, la partie n’est pas gagnée, comme s’empressent de souligner les partisans de MM Franceschini et Marino puisque le vrai vote, celui du 25 octobre, pourrait réserver des surprises. En effet,  ce jour-là,  des personnes non inscrites à un Parti seront appelées à choisir le secrétaire de ce même parti. 

 Il n’est pas faux de penser que ces primaires, paradoxales s’il en faut, contiennent un facteur d’incertitude qui doit faire réfléchir. Les militants ont été appelés, en septembre, à choisir les motions liées à chaque candidat (Bersani, Franceschini et Marino) ainsi que les candidats des fédérations liés à ces mêmes motions.  Le 11 octobre prochain, la convention du Parti Démocratique a validé les candidatures des trois postulants et le 25 octobre les militants et les électeurs pourront choisir le nouveau secrétaire du PD.  Enfin, les  primaires pourraient faire l’objet de manipulations par les sondages – qui dit sondages peut vouloir dire le camp d’en face - le militant étant nécessairement souvent tenté de voter moins en fonction de ses convictions que des chances de succès de tel ou tel candidat. On prévoit déjà que le troisième contendant, le très laïc Ignazio Marino, pourrait faire un score très supérieur à son actuel petit 8 %.

Comment en est-on arrivé à cette première victoire de Pierluigi Bersani. Dans le statut du parti démocratique né le 14 octobre 2008 par la volonté de l’ancien secrétaire Walter Veltroni, l’envie de faire bouger les choses, de rajeunir le parti et d’élargir le plus possible les assises consensuelles ont amené les fondateurs à décider que, pour avoir le plus de chance de gagner, tous les électeurs devaient être appelés à choisir le secrétaire du parti. Ainsi faisant, ce parti deviendrait le plus rassembleur possible comme devrait l’être un grand parti réformiste. Un pas avait déjà été fait puisque le parti démocratique était né de la fusion entre les Démocrates de Gauche, eux-mêmes nés de l’ancien Parti Communiste Italien et de la Marguerite, parti catholique modéré, plus conservateur, né  après l’effondrement de la Démocratie Chrétienne.

 Cet enthousiasme suscité par cette envie de faire  du « tout participatif »  est renforcé par  le souvenir des 3,5 millions d'électeurs qui s’'étaient rués en 2005 dans les bureaux de vote pour plébisciter Romano Prodi comme candidat du centre gauche aux élections législatives. Puis, en 2007, Walter Veltroni avait lui aussi été désigné avec presque autant de voix pour prendre la tête du parti et se présenter contre Silvio Berlusconi aux élections politiques.

 Mais en 2009, avec une gauche très affaiblie qui a subi une cuisante défaite aux dernières élections européennes, cette nouvelle campagne électorale pour les primaires - un deuxième tour est prévu au cas où aucun des concurrents ne dépasserait 50 % des voix - pourrait asséner un coup mortel à l’équilibre encore très précaire de ce jeune parti. Il est cependant tout aussi vrai que ces primaires pourraient permettre de mettre noir sur blanc un programme clair qui donnerait une identité moins confuse à ce parti démocratique qui renferme en son sein des laïcs, des réformistes et des catholiques plus conservateurs. 

 Toutefois, il y a lieu de se demander si le secrétaire qui ressortira du vote des militants et des électeurs rassemblés sera pour autant légitimé.  En effet, les encartés qui ont choisi une motion et avec cette motion un candidat au secrétariat et avec lui un responsable de fédération, pourraient  voir leurs préférences invalidées par le choix ultime des électeurs. Qu’en sera-t-il alors de l’équilibre du parti et de son fonctionnement ?

 Il est légitime de se demander si les primaires qui suscitent l’enthousiasme en Italie, pays où le paysage politique est extrêmement fragmenté, et séduisent les socialistes français seraient la solution miraculeuse pour donner une réponse définitive aux graves problèmes dont souffre la gauche en Italie et en France.  Un problème de crédibilité et de programme d’une gauche qui ne sait plus convaincre.  Et aussi, ces primaires qui sont ouvertes à tous pour rassembler le plus possible autour d’un nom et d’un programme ne seraient-elles par l’antichambre du compromis et qui dit compromis dit, malheureusement, programme revu à la baisse dans ses ambitions réformistes ?

Les primaires semblent s'inscrire dans un phénomène dont on parle beaucoup, celui de la personnalisation de la vie politique, qui passe paradoxalement par une "participation" accrue des citoyens. Cette participation se fait en effet au détriment des corps intermédiaires que sont les partis et leurs militants, dont le rôle tend à être dilué dans une masse qui dialogue directement avec un leader - idéalement - charismatique, qui du coup obéit moins à un programme et à une idéologie qu'aux attentes supposées de l'opinion. On objectera que c'est plus démocratique que l'espèce de suffrage censitaire qui régissait jusqu'à présent une vie politique organisée par les partis. On peut toutefois noter qu'on abandonne ainsi une tradition de militantisme plus nettement ancrée à gauche qu'à droite, pour se rapprocher du modèle américain, au sein duquel les partis sont surtout des organisateurs de campagnes électorales. Ce modèle, appliqué à la France, n'avantagerait-il pas structurellement une droite qui est l'héritière du bonapartisme via le gaullisme, et privilégie le dialogue direct du chef avec les masses, par opposition avec notre tradition de bavards raisonneurs ?
Est-ce une évolution inéluctable, une modernisation nécessaire pour nous sortir de notre fameuse ringardise? Le déclin électoral du PS semble créer une situation comparable en France, et peut-être serait-il bon d'appliquer ce système, à moins que l'on considère que le premier tour de la présidentielle, qui n'existe pas en Italie, constitue en réalité une primaire à la française.

Quoi qu’il en soit, il apparaît nécessaire de définir un programme clairement réformiste qui appuie sur l'essentiel : en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, les partis sociaux-démocrates semblent bloqués à 25 % des suffrages, ce qui favorise l'émergence de forces concurrentes au discours plus radical (Italie Des Valeurs, Die Linke, etc). Pourquoi ne pas arrêter de “draguer” un hypothétique électorat centriste pour se concentrer sur le socle historique des partis de gauche pour s’engager plus sûrement sur la voie du renouveau ?

                                                                                                                              Anne-Claire Jarry
                                                                                                                Secrétaire de la Section de Rome
Article transmis par René Maret dans le cadre du jumelage des sections

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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 07:36

Analyse de la situation politique en Italie.

 

Dans le cadre de notre jumelage avec la section de Milan nous recevons cet article rédigé par René Maret sur la situation actuelle en Italie.

 

La chute du Président du Conseil italien ( PdCi ) est proche.

 

La rapide succession des événements est telle que le Président du Conseil italien n'est plus en mesure de contrôler la situation politique et donc de gouverner le pays de manière efficace, stable et durable.

Le point de non retour a été franchi, désormais sa chute est imminente, en douceur ou brutalement, peu importe, c'est une question de semaines ou de quelques mois; le processus est déjà bien avancé et de surcroît irréversible. Il ne conduira pas son mandat à terme, échéance prévue en avril 2013.

 

Les causes sont multiples, toutes négatives mais c'est surtout son comportement dans la vie privée qui est à l'origine de la perte de popularité et de crédibilité: les révélations en jet continu de scandales et turpitudes, la demande de divorce par sa femme, son entêtement à nier les faits, son refus catégorique de rendre des comptes à la nation, ses contradictions, ses complots et ses attaques pour diffamation contre les directeurs des principaux quotidiens italiens et étrangers.

Coup de grâce: le Saint Siège, allié naturel de la droite a pris nettement position en l'invitant à se comporter conformément à l'éthique que requiert la plus haute fonction du pouvoir exécutif.

 

Il faut ajouter que de nombreux procès sont encore à sa charge mais ont été suspendus par une loi qu'il a fait approuver par le Parlement au début de son nouveau mandat. Les juges de la Cour Constitutionnelle doivent bientôt se réunir et s'ils devaient prononcer l'inconstitutionnalité de cette loi le Premier se trouverait en plus grande difficulté pour gouverner. Ses attaques contre la Magistrature et ses tentatives pour limiter la liberté de la presse sont des signes qui démontrent sa faiblesse. Il gouverne de plus en plus avec autoritarisme, le débat sur les grandes réformes sont au point mort et le nombre de demandeurs d'emploi est en augmentation constante.

 

Jusqu'à présent la coalition gouvernementale avait été assez compacte mais devant la persistance de la gravité de la situation politique actuelle les lieutenants de son propre parti et ses alliés émettent le doute que le PdCi puisse continuer à gouverner le pays et tout naturellement préfèrent préserver leur soit disant crédibilité afin de ne pas trop compromettre leur future carrière politique laissant le PdCi de plus en plus isolé. La coalition gouvernementale vascille, les grandes manœuvres ont déjà commencé et certains hommes politiques de la coalition clament de retourner aux urnes, l'heure de la succession a sonné!

 

Certaines formations politiques vont se transformer et un candidat à la succession est déjà en tête de liste c'est Gianfranco Fini actuellement président du Sénat qui est contraire à la politique de l'immigation menée par le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni de la Ligue du Nord, parti xénophobe et principal allié de Berlusconi. Il n'y a pas très longtemps le parti du “Cavaliere”, Forza Italia, avait fusionné avec le parti de Gianfranco Fini, l 'Alliance Nationale

(AN ) d'extrême droite, pour former le PDL, Parti de la Liberté. Il est fort à craindre que ce parti se désintégrera.

En effet le secrétaire du petit parti de l'Union du Centre ( UDC ) Ferdinando Casini veut créer un grand parti du centre droit regroupant d'une part les catholiques du Parti de la Liberté qui ne se reconnaissent plus en la politique de Berlusconi et les ex - démocrates chrétiens de Francesco Rutelli du Parti Démocrate ( PD centre gauche ) . Il est fort probable que cette formation du centre droit fasse partie de la prochaine coalition gourvernementale.

 

Quant à la gauche il faut attendre l'issue du prochain Congrès du PD qui aura lieu en octobre prochain. Si Rutelli décide de rejoindre l'UDC de Casini il sera difficile de former un nouveau gouvernement stable.

 

20Septembre 2009                                  René Maret

 

 

 

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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 07:49



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Le voyage "Elus d'Europe"
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Venez débattre sur les gauches en Europe et  La situation de la social-démocratie en Europe .
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 07:30

Dans le cadre de notre jumelage René Maret nous a envoyé cet article de Marc Lazar sur la situation en Italie à la veille du G8. Analyse pertinente que nous vous proposons ici:

 

La fin de Berlusconi ?

Lors de la première semaine du mois de juillet, le monde aura les yeux tournés vers l’Italie qui accueillera le sommet du G8 dont elle assure cette année la présidence. Silvio Berlusconi se réjouissait de la tenue de cette rencontre dont il espérait tirer profit afin de renforcer sa crédibilité et sa réputation d’homme d’Etat qu’il cherche à se construire. Davantage : il avait réussi un formidable coup de communication en annonçant à l’impromptu que ce sommet ne se déroulerait pas comme prévu au large de la Sardaigne mais à L’Aquila, en plein centre du terrible séisme qui, le 6 avril dernier, a secoué cette ville et la région des Abruzzes provoquant d’importantes destructions et la mort de plus de 300 personnes. Ses très fréquents déplacements sur le terrain comme son discours célébrant l’unité nationale prononcé à l’occasion de la fête du 25 avril, date du soulèvement en 1945 de la Résistance contre les nazis et les fascistes de la République de Salò, l’avaient fait de nouveau monter au zénith de la popularité. En quelques mois, la situation s’est inversée.

L’annonce de la demande de divorce par sa femme suivie des révélations sur sa vie privée avec ses fréquentations d’une mineure et de jeunes femmes à la moralité douteuse dévoilées d’abord par les journaux d’opposition, La Repubblica et L’Espresso, puis par d’autres médias, l’ont mis sur le gril. L’Eglise l’a appelé à adopter un comportement privé exemplaire cependant que l’influent hebdomadaire Famiglia cristiana est allé jusqu’à écrire que « Le Premier (ministre) est indéfendable ». De nombreux médias internationaux, en particulier anglais, ont relayé les informations de la presse italienne et se sont indignés des réponses embrouillées du Président du Conseil et des menaces qu’il profère à l’égard des organes d’information. Des rumeurs circulent selon lesquelles son entourage s’alarmerait de son optimisme volontariste à propos de la crise : en effet, Berlusconi en minimise la portée, alors que tous les indicateurs sont au rouge, et il fustige le pessimisme de l’opposition comme les prévisions des organismes financiers et économiques internationaux. Certains de ses amis ont évoqué l’hypothèse d’une chute prochaine de leur champion et il semblerait que de puissants groupes d’intérêt, à commencer par les grandes familles entrepreneuriales, agissent afin que celle-ci se réalise effectivement. La question de la fin politique de Silvio Berlusconi, voire de sa démission, serait donc posée. Qu’en est-il précisément?

La situation de Silvio Berlusconi n’a jamais été aussi paradoxale. D’un côté, il est certain que son image internationale est encore plus écornée qu’auparavant et qu’il est affaibli politiquement. Ainsi, les sondages enregistrent un fléchissement de sa popularité personnelle qui cependant demeure élevée, un Italien sur deux continuant de le soutenir. Le résultat de ses listes aux européennes n’a pas été à la hauteur des objectifs très élevés qu’il leur avait assignés. En outre, alors que le premier tour des élections administratives partielles des 7 et 8 juin avait été marqué par un succès de son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), quinze jours plus tard, le second tour s’est traduit par un ralentissement de l’avancée de la droite et une reprise de la gauche : une partie de ses électeurs, surtout les catholiques pratiquants et les ménagères choqués par les frasques de Berlusconi, a préféré s’abstenir ou voter pour d’autres formations de droite. D’un autre côté, avec 35,3% des suffrages exprimés aux européennes, le PDL a progressé quelque peu par rapport au résultat obtenu en 2004 par les deux partis dont il est issu, Forza Italia (21%) et Alliance nationale, AN (11,5%). Son allié, la Ligue du Nord, a doublé ses voix en cinq ans et même marqué des points dans les zones classiquement acquises à la gauche. Par ailleurs, dans l’autre scrutin, le centre droit a gagné dans 34 provinces (l’équivalent de nos départements) alors qu’il en avait obtenu 9 il y a cinq ans : aux élections communales, le centre droit a enregistré 14 victoires contre 5 en 2004. Bref, le PDL demeure le premier parti, flanqué de son allié la Ligue du Nord qui exerce une pression continue sur le gouvernement, notamment pour ce qui concerne la lutte très dure contre l’immigration clandestine. L’affaiblissement du leader n’empêche pas son parti et son camp de vaincre.

En outre, Silvio Berlusconi dispose de nombreux atouts. Sa personnalité d’abord puisque, depuis quinze ans qu’il s’est lancé en politique, à chaque fois qu’on croit le voir mettre un genou à terre, il rebondit avec encore plus d’énergie. Ses ressources matérielles de milliardaire contrôlant la moitié du paysage audiovisuel italien, ce qui est à l’origine du conflit d’intérêt entre ses affaires privées et sa fonction de Président du Conseil, constituent une arme politique précieuse. Il sait aussi jouer de deux registres opposés ; d’un côté, le populiste qui continue de se faire passer pour un homme nouveau, lève des tabous, provoque, plaisante de manière douteuse, se place au centre de l’attention, mène une campagne permanente, et, de l’autre, le dirigeant responsable, soucieux de trouver des solutions aux grandes affaires nationales et internationales. En outre, il profite de ce que l’opposition est au plus mal. Le Parti démocratique (PD), fruit de la fusion des ex-communistes et d’ex-démocrates chrétiens, n’a pas réussi à définir un projet clair, une identité tranchée, une stratégie efficace, ni à faire émerger un leader d’envergure. Il reproduit, en modèle bien plus réduit, la puissance d’antan du Parti communiste italien localisée dans le Centre du pays. Il est traversé par de forts conflits internes. Il souffre en outre de la concurrence du parti de l’ancien magistrat Antonio Di Pietro, l’Italia dei valori, qui s’affronte durement avec Berlusconi. Enfin, si au gouvernement et dans la majorité parlementaire, certaines personnalités, comme le ministre de l’Economie et des Finances, Giulio Tremonti, ou Gianfranco Fini, le président de la Chambre des députés, pensent certainement à la succession, leur heure ne paraît pas avoir encore sonné.

Reste enfin à prendre en compte toute l’épaisseur du « berlusconisme » qui consiste en la combinaison de plusieurs ingrédients. Un chef, seul capable d’associer des sensibilités politiques variées, symbolisées par l’alliance réussie entre la Ligue du Nord et AN, qui descend des néo-fascistes du Mouvement social italien mais a rompu avec cet encombrant héritage. Un parti unique qui couvre un large espace politique allant des confins de la droite extrême au centre. Une forme d’hégémonie culturelle avec des références très antagoniques proposées à une société en pleine mutation : modernité et tradition, libéralisme et protectionnisme, Europe et sentiment national, dureté contre l’immigration clandestine et compassion sociale, référence à l’Eglise catholique et comportements privés à l’opposé des valeurs chrétiennes etc. Enfin, un bloc social composite cimenté par la propre action du chef : au Nord, les petits chefs d’entreprise, les commerçant et artisans, les professions libérales ; au Sud, les laissés pour compte de la modernisation, avec faible niveau de qualification et d’instruction, apeurés par l’évolution de l’Europe, du monde, et l’afflux d’immigrés ; enfin, les catholiques pratiquants, et, selon les scrutins, une large partie des salariés du privé. Le berlusconisme est une offre politique en phase avec les évolutions d’une partie des Italiens. Que deviendra à l’avenir cette construction ? S’effondrera-t-elle comme un château de cartes avec l’éventuelle chute de Silvio Berlusconi, ainsi que le croit l’opposition de gauche ? Ou, à l’inverse, ce socle sera-t-il capté par un autre responsable du centre droit ?

Telle est la question de fond. Aucune solution de rechange à Berlusconi ne s’impose dans l’immédiat. Mais il est presque certain que ce dont il est l’expression et qu’il a forgé de toutes pièces ne disparaîtra pas du jour au lendemain.

 

 

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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 17:14

Le PD au miroir de la gauche européenne

 

Marc Lazar

 

            La crise que le PD traverse est à la fois spécifique à ce parti et comparable à celle qui secoue la plupart des partis de la gauche européenne. La spécificité provient du caractère atypique de ce parti. Palmiro Togliatti expliquait que le PCI ressemblait à une girafe, un animal inclassable : une appréciation qui s’avère aujourd’hui, à la lumière de la consultation des archives, infondée tant le PCI présentait, certes, une indéniable originalité mais également des traits identiques à ceux des autres partis communistes du fait de ses « liens de fer » avec l’URSS. En revanche, l’image de la girafe s’applique bien au PD. Né de la fusion des DS et de la Marguerite, il est caractérisé par un flou général de son identité, de ses propositions, de sa stratégie ou encore de son mode d’organisation. Le débat sur son affiliation ou non au Parti socialiste européen cristallise tous ses dilemmes. Pire, le PD est désormais atteint par les enquêtes judiciaires contre un certain nombre de ses élus locaux et régionaux qui, jusqu’ici, constituaient l’un de ses atouts. Son image se ternit, sa popularité s’effondre et ses divisions s’accentuent. Le PD est né avec de grandes ambitions italo-italiennes : agréger solidement gauche et forces modérées, simplifier la vie politique, répondre au malaise démocratique. Mais il prétendait également, avec raison, incarner un parti neuf et original susceptible de servir de modèle à la gauche européenne pour sortir de son marasme. Or les difficultés du PD sont très semblables à celles que doivent relever les autres partis de la gauche réformiste. Cinq d’entre elles, parmi de nombreuses autres, méritent d’être mentionnées.

            La gauche européenne voit se réduire son assise électorale aux personnels du secteur public, aux habitants des grandes villes disposant d’un haut niveau d’instruction, aux gens âgés de plus de 50 ans qui se sont politisés dans les années 60-70, et, dans les pays catholiques, aux personnes ne fréquentant pas ou guère la messe. La gauche a perdu une grande partie des classes populaires, n’arrive pas à attirer les populations de plus en plus nombreuses vivant dans la précarité, les jeunes non diplômés et les personnes âgées dont le poids se fait sentir de manière grandissante dans nos sociétés vieillissantes. Autant d’électeurs qui s’abstiennent, votent pour des partis extrémistes de droite comme de gauche (ce ne fut toutefois pas le cas en Italie en 2008) ou choisissent la droite.

            La gauche a le plus grand mal à analyser les transformations en cours dans nos sociétés sous l’effet de la globalisation et de l’européanisation. Elle n’ignore pas l’individualisation généralisée, la précarisation du salariat, le fort taux de chômage ou encore la croissance de nouvelles activités professionnelles. Mais elle les appréhende le plus souvent avec les catégories issues du passé ou en fonction de résidus idéologiques alors qu’il s’agit avant tout, comme l’expliquait récemment en France le sociologue Pierre Rosanvallon, de saisir les situations sans cesse plus changeantes dans lesquelles se retrouvent les gens au cours de leurs vies (une activité professionnelle, puis une période de chômage, une nouvelle formation, un autre travail etc.) et les inquiétudes qui les hantent (leurs peurs face à l’autre, la hantise du déclassement social, les sentiments d’insécurité). 

            La gauche est en panne d’un grand projet mobilisateur. Elle revendique haut et fort son réformisme, critiqué violemment par les gauches radicales dans nombre de pays, en Allemagne et en France notamment où elles sont en nette progression. Mais désormais son contenu est vide. Parce que la grande entreprise de rénovation « social-libérale » incarnée par le Labour de Tony Blair et le SPD de Gerhard Schröder s’est épuisée. Parce que l’actuelle crise financière et économique en a montré les limites. Parce qu’enfin la gauche européenne ne s’avère pas capable d’entreprendre ce qu’a réussi, dans un contexte très particulier, Barak Obama : faire vibrer ses auditoires, proposer un grand dessein, afficher son volontarisme politique, convaincre les électeurs qu’ils peuvent jouer un rôle dans le changement qui s’annonce.

            La gauche, surtout en France et en Italie, se montre incapable de comprendre et de critiquer son principal concurrent de droite. Les exemples de Nicolas Sarkozy et de Silvio Berlusconi, deux hommes qui présentent des traits communs et des différences, sont à cet égard emblématiques. La gauche française et le PD ont oscillé auparavant et parfois encore de nos jours entre deux attitudes opposées. Soit, ils tendent à l’ériger en un superman tout puissant et dangereux. Soit, ils le sous-estiment, pensant qu’il ne s’agit que d’un feu de paille : encore, récemment, la gauche en France et en Italie a cru que la crise financière la favoriserait parce qu’elle démontrerait le bien-fondé de ses analyses du capitalisme et de ses propositions. Or, pour le moment, cette crise profite politiquement aux responsables en place. Le PS français et le PD italien devraient se décider à comprendre la force réelle de Sarkozy et de Berlusconi et la profondeur sociale et culturelle du sarkozysme et du berlusconisme.

            Enfin, last but not least, toujours en France et en Italie, la gauche se doit de résoudre la question du leader et du leadership qui exacerbe les polémiques dans ses rangs. Dans ces deux pays, la gauche se lamente de ne pas avoir de grand leader qu’elle cherche désespérément. Mais son sport favori consiste à entraver son éclosion. On le constate avec les deux dirigeants apparus dans des conditions différentes et disposant chacun de caractéristiques propres, Ségolène Royal et Walter Veltroni. A gauche, l’émergence d’un leader se heurte à la conception largement diffusée de l’autorité des égaux et à la concurrence exacerbée des égos. Pour le plus grand profit de la droite où le leader est non seulement attendu mais plébiscité. La gauche devra une bonne fois pour toutes accepter le principe de la personnalisation et de la présidentialisation de nos démocraties et se rappeler également qu’un vrai leader est celui qui fait preuve d’audace et sait bousculer ses propres troupes comme ses certitudes les plus ancrées. 

 

La situazione del Partito Socialista francese dopo il Congresso di Reims*

Martine Aubry è stata designata quale Primo Segretario del PS francese dai militanti con una lunga procedura un po' antiquata nel novembre scorso. Gli organi direttivi del Partito sono stati rinnovati a tutti i livelli: di sezione, federazione, nazionale, rispettando il più possibile la parità uomo-donna. Dopo una lunga semi-paralisi, fin da gennaio Martine Aubry si è affermata con una nuova leadership, determinata a rimettere in sella il PS come unico grande partito d'opposizione alla maggioranza di Sarkozy. Tre obiettivi essenziali sono da subito all'ordine del giorno. Al termine del Congresso è riuscita a compattare l'ala sinistra del partito intorno a sè, ora le occorre dialogare con la parte che fa capo a Ségolène Royal al fine di riunificare tutto il partito; non ci possono essere vincitori in questa battaglia delle rose ed il fatto che M.A. si sia già dichiarata non candidabile per le presidenziali lascia supporre che Ségolène non giochi più come cavaliere solitario. In effetti all'interno del Partito il suo posto è pienamente legittimato. Il secondo punto, che si è concretizzato in questi ultimi giorni, concerne il modo di fare opposizione al Governo: si tratta infatti di attuare non solo un’opposizione “frontale”, estremamente dura, ad esempio boicottando con continuità i lavori dell'Assemblea nazionale, sino a far risuonare le note della Marsigliese nell'emiciclo, ma anche un'opposizione costruttiva, proponendo un “contropiano” di rilancio, ben più solido e credibile, agli occhi sia degli economisti che dell'intera società, rispetto alle azioni inefficaci intraprese dal Governo per fronteggiare una crisi di estrema gravità. Il sostegno incondizionato alla recente giornata di mobilitazione generale sindacale è la prova che esiste finalmente una strategia a 360° del PS, con il proposito di “denunciare, proporre ed agire”: azioni finalizzate a favorire il rientro nei ranghi del Partito di quei militanti che avevano optato per i partiti dell'estrema sinistra, a fronte del quasi-immobilismo del PS. Il terzo punto dell’agenda, e non dei minori, consiste nel concordare con il PSE le iniziative da adottare nella campagna delle prossime elezioni europee. Il Manifesto di Madrid è stato sottoscritto ed adottato dai partiti confratelli dei 27 Paesi dell'UE. La sola direzione da seguire è di attuare ognuno dei punti di questo programma, che rappresenta la risposta logica al disastro sociale conseguente a questa crisi mondiale, a cui il tandem Berlusconi-Sarkozy ha largamente contribuito.

*di René Maret, per le sezioni del Psf in Italia.

 

Martine Aubry a été désignée comme Première secrétaire du Parti Socialiste français par les militants suite à une longue procédure quelque peu archaïque à l'issue du Congrès de Reims de novembre dernier. Toutes les instances de direction du Parti ont été renouvelées à tous les échelons, section, fédération et nationale, en respectant le plus possible la parité homme femme.

Après la longue période de semi-paralysie, dès le mois de janvier Martine Aubry s'est déjà affirmée comme la nouvelle leadership déterminée à remettre en selle le PS comme unique grand parti d'opposition face à la majorité de Sarkozy. Trois tâches essentielles sont dans l'immédiat à l'ordre du jour de son programme.

A l'issue du Congrès elle a réussi à réunir toute l'aile gauche du parti autour d'elle, maintenant il lui faut rassembler tout le parti c'est à dire convaincre Ségolène Royal et ses militants. Il ne peut y avoir de vainqueur dans cette bataille des Roses et le fait que M.A . s'est déjà déclarée non présidentiable laisse supposer que Ségolène ne jouera plus en cavalier solitaire. Elle a toute sa place au sein du Parti.

Le second point  dont l’action s'est engagée ces jours-ci est le mode de faire opposition au gouvernement, non seulement c’est une  «  opposition frontale « , extremement dure, par exemple en boycottant à répétition les travaux de l’Assemblée nationale jusqu’à faire vibrer la Marseillaise dans l’hémicycle mais c'est également une opposition constructive en proposant un contre plan de relance bien plus solide et plus crédible aux yeux  des économistes et de la société toute entière  que les actions inadaptées du gouvernement face à l’ extreme gravité  de la crise. Son soutien inconditionnel à la récente journée de mobilisation générale syndicale est la preuve  qu’il y a enfin une stratégie tous azimuts au sein du PS dont la devise est «  dénoncer,  proposer et agir   actions dont le but est de favoriser le retour dans les rangs du Parti des militants qui avaient préférer les partis  de l’ extreme gauche  en raison du quasi- immobilisme du Parti Socialiste.

 Le troisième point inscrit dans son agenda,  et non des moindres, est de déterminer  et de concorder avec le PSE les initiatives que doit prendre le PS pour la campagne des prochaines élections européennes qui se tiendront début juin. Le Manifesto de Madrid a été  signé et adopté par les partis frères des 27 pays de l’UE. La seule voie indiquée est celle de concrétiser chaque point de ce programme qui est la réponse logique au désastre social de cette crise mondiale auquel le tandem Berlusconi -  Sarkozy a largement contribué.

Sections du Parti Socialiste Français de Milan et Rome

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