Ce matin Martine Aubry était sur France Inter à propos du vote de demain 1er octobre.
Petit exercice mathématique:
Elle annonce que le parti socialiste compterait 200 000 membres si tous étaient à jour de cotisation...64000 seulement le seraient (j'en suis! alors que mon salaire est inférieur à 1000€) donc ça m'autorise les commentaires suivants:
- Benoît Hamon lui-même nous apprend qu'il n'est pas à jour de cotisation (Combien gagne B. Hamon qu'il ne puisse être à jour?)et le fera au moment du vote comme de nombreux militants...sûrement autant que ceux déjà à jour=CQFD!
- Autre chiffre avancé et qui me laisse songeuse:59000 exclus. Adhérents n'étant pas à jour de cotisation...Il faut dire que depuis le congrès de Reims beaucoup n'ont pas repris leurs cartes et ça peut se comprendre...Qu'importe ai-je entendu dire par nos cadres du PS " ce n'étaient pas des vrais militants". Pensez donc tous ces gens jamais inscrits dans un parti et qui sont venus au PS pour Ségolène Royal et une autre idée de la politique...Entre ceux qui ont suivi Mélenchon au parti de Gauche( à la recherche de l'âme de la gauche) et les désirs d'avenir partis voir ailleurs s'il y en avait un? on continue à émietter le PS comme si de rien n'était et à vouloir faire porter le chapeau à ceux qui restent , qui seraient des grincheux, des amers( "accepter la victoire de la triche sans rien dire pour ne pas affaiblir le parti, c'est passé, il faut passer à autre chose....").
-Les appels à voter oui au questionnaire de personnes que je respecte comme Jean-Pierre Mignard ou Jean-Louis Bianco peuvent se comprendre car les mêmes qui n' ont voulu de révovation à Reims vont tout faire pour dire non et empêcher les primaires.Mais quelles primaires et quand surtout ? Rien n'est dit dans le questionnaire, questions alambiquées pouvant être comprises de différentes façons; ce sont de vraies insultes à l'intelligence des militants.
Alors j'ai bien écouté Martine ce matin. Elle a dit qu'elle voulait un débat avec les Français pour 2012"venez dire ce que vous voulez vraiment? nous en tiendrons compte!". Donc Martine je veux bien te croire encore une fois mais une dernière fois:
J'irai donc voter demain, ma section sera ouverte et j'ai même incité les camarades qui trainent les pieds à venir. Je voterai pour désigner le premier des socialistes de ma région et quand au questionnaire je m'abstiendrai sur toutes les questions (aucune garantie actuelle sur mon vote et je dirai non au mandat au BN) et je t'expliquerai à la fin puisqu'une question ouverte bien que facultative (sic) nous y invite (tu as dit également que tous ces bulletins seraient envoyés à Solférino et que tu en tiendrais compte) ce que je souhaite: un parti qui respecte ses militants et repose sur des valeurs d'honnêteté, de solidarité et de fraternité et qui condamne ce qui s'est passé à Reims en mettant en place les conditions démocratiques du grand parti de gauche qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être. Qu'il prenne toutes les énergies pour oeuvrer dans ce sens et proposer un véritable projet aux Français qui l'attendent désespéremment et qui commencent à regarder ailleurs! las de ne voir rien venir du côté du PS.
Des primaires organisées dés le mois de mai 2010, des primaires ouvertes, revenir aux adhésions à 20€, mandat unique ( marre des hémicycles vides), parité , inégibilité pour les élus ayant eu des condamnantions, pas d'amnestie, un parti exemplaire, vers un vote électronique sécurisé. Y a du boulot mais la rénovation est à ce prix!
Cette position est celle qui me semble citoyenne et responsable.
V.L-H
Faut-il un big bang au PS ?
extraits de cet article du Monde du 25/09 c'est revigorant! Jugez-en plutôt:"Olivier Ferrand, vous dites qu'il faut un "big bang" à gauche, qu'entendez-vous par là ?
Olivier Ferrand : Ce "big bang" porte sur trois choses : le leadership, les alliances, le projet. Le leadership, c'est les primaires. Au PS, la procédure actuelle produit de l'émiettement. La solution est de créer une procédure capable de produire un leadership légitime. C'est la solution la plus adaptée à la présidentialisation du régime.
Le 2e point, ce sont les alliances. Comme dans la plupart des pays européens, les chrétiens-démocrates historiques ont basculé dans le camp progressiste, car la droite s'est durcie. Ils n'ont pas suivi, ni sur l'humanisme, ni sur l'argent. Résultat : on a un rapport 60-40 en faveur du camp progressiste. Et la question des alliances avec le Modem, jusque-là tabou, est désormais sur la table.
Le 3e élément, le projet. L'idée "social-démocrate" d'Etat-providence en place depuis 1945 est à bout de souffle. Et pour le remettre en route, nous devons travailler à sa refondation profonde et l'adapter aux conditions historiques nouvelles. La droite nous disait que notre modèle est révolu et qu'on devait la rejoindre sur le modèle libéral. A l'automne dernier, ce modèle libéral a volé en éclats.
Jean-Marie Demaldent : La crise n'est pas que dans la social-démocratie, elle est mondiale. La crise vient des transformations du capitalisme lui-même. Les gens sont conscients que l'on ne peut pas modifier le paysage économique et social dans un pays seulement. On peut changer les choses à la marge et localement. C'est pour cela que le PS marche bien localement mais pas nationalement. Rappelons que lorsque les sociaux-démocrates européens étaient à la tête de 12 des 15 pays de l'Union européenne, ils n'ont strictement rien fait...
Olivier Ferrand : Ce n'est pas vrai ! L'Europe sociale est née avec ces 12 gouvernements européens sur 15. Plus de 500 directives sont nées en l'espace de quelques années ! L'égalité homme-femme, la régulation du travail de nuit, c'est l'Europe ! Des lois sociales sur l'hygiène, c'est l'Europe ! Mais le déploiement a été insuffisant car il n'y avait pas les structures. Pour avoir la République sociale, il faut la République !
Jean-Marie Demaldent : La vie des gens n'a pas été transformée à un moment où les socialistes avaient un moyen de le faire ! Et c'est comme cela que les gens ont vu les choses !
Sur le plan mondial, le PS n'a jamais dit ce que Nicolas Sarkozy a déclaré, à savoir que l'OMC devait respecter les règles du BIT. Rien n'a été fait dans ce sens par les Socialistes ! Concernant le leadership, je ne suis pas sûr que les procédures manquent. Le PS a eu un leadership qui s'est effondré en 2002. Il avait organisé des primaires en 1995. Jospin avait battu Emmanuelli, le 1er secrétaire, et il avait fini premier dès le premier tour de la présidentielle.
Sur la candidature unique de la gauche, souvenez-vous, en 1974, la droite était très divisée, la gauche avait un seul candidat – le PC n'avait pas de candidat – et le PS avait perdu. En 1981, il y avait un candidat communiste obtenant 14 % et François Mitterrand l'a emporté parce que le communisme était déjà sur le déclin. Le PS n'a donc pas besoin de tout ce machin des primaires. Et dans l'exemple italien dont on nous parle, la gauche a été bouffée par le centre.
Olivier Ferrand : Ce n'est pas à cause des primaires que la gauche a été bouffée par le centre...
Jean-Marie Demaldent :... Il n'y a pas de relation de cause à effet mais c'est lié. On a d'abord fait le chemin pour Romano Prodi. Quant à la démocratie-chrétienne en France, le MRP a disparu depuis longtemps ! Le PSU est né de la fusion entre d'anciens socialistes, d'anciens communistes, d'anciens trotskistes et d'anciens chrétiens-démocrates. C'est dans l'action qu'ils sont venus. Aujourd'hui, ce n'est pas en faisant des alliances avec le Modem qui vous y arriverez. C'est dans la compétition électorale que le PS peut les gagner, pas dans le compromis initial.
Est-ce que le nouveau corpus idéologique dont vous parlez fédère les tendances au sein du PS ?
Jean-Marie Demaldent : Ceux qui prétendent prendre la direction du PS – Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Manuel Valls – n'apportent pas de perspective de rénovation : où ? sur quoi ? Ils font des coups, comme celui de Vincent Peillon à Marseille en invitant Marielle de Sarnez. Je suis incapable de déterminer où il veut aller. Je crains qu'il ne le sache pas lui-même. Du point de vue de la rénovation, de la perspective sociale-démocrate, il n'y a rien ! Il n'y a pas de rénovation, mais du préchi-précha pour médias qui reprennent les virgules.
Olivier Ferrand : Sur le fond nous sommes d'accord. Le cœur du socialisme de gouvernement a été la construction de l'Etat-providence. Ce modèle est en crise : le territoire de la régulation est national alors que le territoire économique à réguler s'est échappé. Résultat : les flux économiques ont mis en concurrence les territoires et les système sociaux. Le capitalisme financier a aussi échappé au capitalisme industriel.
Cette crise a provoqué trois types de réaction à gauche. D'abord, l'immobilisme : préserver le système d'hier. C'est le socialisme français. Puis, on a eu la capitulation : la social-libéralisme. Il s'agit de considérer que le monde ayant changé, on n'avait plus les moyens d'imposer nos objectifs et notre curseur idéologique a basculé à droite. Nous devenions la caution sociale d'un système libéral, tout comme la droite avait été durant les cinquante années précédentes la caution de droite d'un système social-démocrate. C'est le blairisme à quelques variantes près puisqu'il a hérité du thatchérisme...
Jean-Marie Demaldent : Et il a plutôt tiré l'Angleterre à gauche.
Olivier Ferrand : Exactement, le social-libéralisme, c'était plutôt Schröder.
Jean-Marie Demaldent : Et faux-cul en plus, puisque, lui, il ne le dit pas. Et c'est d'autant plus grave que dans les Landers où les sociaux-démocrates pourraient gouverner avec Die Linke, ils ne veulent pas et préfèrent perdre.
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A Terra Nova, on a monté un groupe de travail avec l'ensemble des forces progressistes : le Modem, le PS, les Verts, le Front de gauche, Attac, Copernic. Tout le monde veut proposer une alternative de gouvernement. Les alter comme les sociaux-démocrates sont d'accord pour dire que leurs modèles sont dépassés. Tous veulent travailler ensemble pour travailler à la refondation et la structurer au niveau politique. A mon avis, il y aura deux cercles. Le premier dépassera le PS avec le PRG, le MRC et les Verts : proximité des idées, candidat commun à la présidentielle. Le second cercle sera plus large, sur le centre et la gauche, avec le Modem et le Front de gauche, dans la perspective du second tour.
Olivier Ferrand : En 2012, on va avoir un paysage politique asymétrique. Nicolas Sarkozy est en train de faire l'unité de toutes les droites. Il sera quasiment seul en 2012 et dès le premier tour, il fera 40 %.
En face, le paysage est totalement éclaté avec 10 candidats potentiels, dont 5 gros. Si on se présente ainsi, on a perdu ! Le PS risque de dévisser dès le premier tour, comme en 2002. Et au cas où le PS se retrouve au 2e tour, il y sera avec 20 %. Et avec un rapport 40 % - 20 % au soir du premier tour, c'est perdu d'avance !
C'est explicitement la stratégie de Sarkozy, qui sait qu'il est minoritaire depuis le basculement du Modem à gauche. Il veut tuer le second tour dès le premier avec cette asymétrie. Les primaires de la gauche sont dès lors un levier absolument nécessaire, avec déjà le soutien du PRG et de MRC. Rappelons qu'en 2002, si Taubira et Chevènement ne s'étaient pas présentés, Jospin aurait été eu 2e tour.
Quant aux Verts, ils n'ont pas de candidat ! L'intérêt institutionnel de Cécile Duflot (Verts) est de négocier un bon accord de gouvernement, des sièges au Parlement et des postes ministériels. Si aux primaires ouvertes, il y a six candidats socialistes et un candidat vert, les chances de ce dernier de se retrouver au 2e tour des primaires sont réelles. Si les Verts entrent dans le principe des primaires, on aura un périmètre autour de 30 % dès le premier tour de la présidentielle. Cela créera une dynamique.
Jean-Marie Demaldent : N'oubliez pas que chez les Verts, être le numéro un du parti passe par la présidentielle. Et c'est le même problème au PS. Il y aura égalementr un candidat du côté de Mélenchon, du PC. Il y aura un ou plusieurs à l'extrême gauche. Si les Verts n'y vont pas, ils éclatent.
Olivier Ferrand : Le PS a deux options. Soit il se rénove en interne pour affaiblir les autres forces et apparaître comme la force centrale – c'est la logique des primaires socialistes – soit la rénovation dépasse le PS pour rassembler les composantes de la gauche et les faire entrer dans la coopération.
Les partis étant mortels, le cycle d'Epinay est peut-être arrivé à son terme. Daniel Cohn-Bendit préconise aussi cette seconde option. Avec Peillon, leur idée est celle du rassemblement social-démocratie-vert-centre. Cette option libère un pôle de gauche autour de Mélenchon et de l'extrême gauche. L'objectif étant de se retrouver tous dans une plateforme de gouvernement.
A la gauche du PS, NPA et le Front de gauche font 10 %. Le PS et les Verts jouent à égalité, selon les dernières élections. Le Modem tourne aussi autour de 10 %. Comment composer une alliance crédible à l'horizon des régionales et surtout après ?
Jean-Marie Demaldent : François Bayrou n'a aucun intérêt à sceller une alliance. Il a intérêt à se présenter comme roue de secours contre Sarkozy. Mais avec qui le PS va discuter au Modem ? Et celui-ci doit d'abord passer le cap des régionales. Par ailleurs, si le PS finalise son processus à gauche, Bayrou reviendra à droite.
Olivier Ferrand : François Bayrou est dans l'opposition depuis 2002. Il est à la tête d'un parti de gouvernement qui ne gouverne plus depuis 2002. Dans notre système binaire, s'il n'est pas à droite, c'est qu'il se trouve à gauche. Aux régionales de 2010, si le PS échoue cela pourrait profiter aux Verts. Cela obligerait les socialistes à négocier. Tant mieux !"

